Symptômes de l'endométriose

Il est primordial de connaitre et reconnaitre les symptômes, se sont des signes cliniques importants à prendre en compte, tant pour les patientes que pour les thérapeutes.

Et non ! « Ils ne sont pas dans votre tête Madame ! »

Ils sont très complexes et variables d’un jour à l’autre et d’une patiente à une autre. Apprendre à les connaitre, à les décrire, les localiser, en utilisant le bon vocabulaire est essentiel pour le suivi efficace de sa pathologie par la patiente, mais également pour les thérapeutes.

Cela va permettre à la patiente de suivre sa maladie en réintégrant son corps, devenir active dans son suivi, trouver des stratégies de soulagement (médicamenteuses ou non ), mieux communiquer avec ses soignants, faire des choix éclairés et conscients sur les traitements proposés.

Pour les thérapeutes, poser des questions aiguisées sur les symptômes : on les passe au peigne fin, afin de déterminer les formes pour orienter plus vite le diagnostic. Mais aussi cibler les traitements efficaces,  répertorier et prendre en charge les différents  impacts collatéraux de l’endométriose chez la patiente et cela permet proposer des soins adaptés.

Suivre les symptômes, permet de reconnaitre les facteurs qui les déclenchent, les aggravent, ou au contraire les calment.

Les paragraphes qui suivent vont vous faire visiter la « dark side » de « la vie de la Belle au Bois dormant ».

1. Symptômes directements liés à la pathologie :

1. Les 5D :

LES 5D : sont à ce jour les symptômes principaux évocateurs de la maladie
  • Dysménorrhées : douleurs qui ne passent pas (EVA>7 = échelle de la douleur qui va de 0 à 10 ) qui empêchent une vie quotidienne normale, et durent plusieurs jours. Elles peuvent être accompagnées par des « killers cramps » que Marie Rose Galles « nomme les crampes de la mort qui tue »()p55 : la douleur des contractions de l’utérus se propage dans toute la région pelvienne, lombaire et dans les jambes
  • Dysurie : douleurs lors de la miction pendant les règles
  • Dyspareunie : décrite comme une douleur balistique, profonde, positionnelle et elle peut également se poursuivre en post-coïtal.
  • Dyschésie : ou douleur à la défécation
  • Douleur Pelvienne : chronique(qui vont perdurer après les règles) ou aiguë
Signes évocateurs de l’adénomyose :
  • Ménorragies (flux des règles très abondants)
  • Métrorragie (saignements anormaux entre les règles)
  • Dysménorrhées (douleurs de règles très fortes)

2. Les symptômes cataméniaux associés:

Les symptômes sont uniquement pendant les règles (cataméniaux), ou s’aggravent avant et pendant les règles, ils peuvent signer une endométriose.

Ils sont peu fréquents; 

  • Rectorragie (saignement pendant les selles)
  • Hématurie (saignements lors de la miction)
  • Douleurs thoraciques , de l’épaule (scapulagie), pariétales (cicatrices abdominales
  • Pneumothorax / Hémothorax
 

3. Symptômes associés peu spécifiques:

  • Douleurs pelviennes chroniques
  • Troubles fonctionnels digestifs (le fameux endobelly), alternance diarrhées/constipation
  • Troubles fonctionnels urinaires : pollakiurie (envie d’aller uriner fréquemment), dysurie(du mal à uriner)
  • Dyspareunie d’intromission (à l’entrée du vagin)
  • Douleurs lombaires
  • Fatigue chronique anormale : « ou la vie de la Belle au Bois Dormant »()p95

2. Symptômes indirectement liés à la pathologie :

1. Les symptômes fonctionnels

Beaucoup de personnes atteintent d’endométriose et/ou d’adénomyose ont des troubles urinaires et/ou digestifs, sans lésion d’endométriose infiltrante visible dans la vessie ou le tube digestif (que ce soit à l’imagerie, ou en chirurgie) . Certaines n’auront que les douleurs digestives sans douleurs pelviennes. 

Ils peuvent résulter de l’interaction entre :

  • L’inflammation pelvienne cyclique et de bas grade
  • La fibrose, les adhérences : donc la perte de mobilité des tissus et des organes entre eux
  • La sensibilisation centrale / périphérique
  • Les adaptations neuro-musculaires secondaires aux douleurs chroniques

2. Les symptômes d'hypersensibilisation périphérique et centrale

 L’hypersensibilisation périphérique : 

Va donner une hypersensibilisation viscérale . 

Tous les organes du petit bassin sont innervés par les mêmes nerfs issus du plexus hypogastrique et les racines sacrées. (système neuro périphérique)

L’inflammation chronique liée aux règles et de bas grade va enflammer les lésions, les tissus périphériques et les organes. Mais également leurs NERFS. Ils vont de venir HYPER-ACTIFS. 

  • Les douleurs vont être exacerbée par des  récepteurs à la douleur (nociceptifs) plus sensibles
  • Une stimulation normale d’un organe, comme une vessie qui se remplit normalement va devenir douloureux sans atteinte particulière.

L’hypersensibilisation centrale :

Va donner une amplification du signal

Les stimulations douloureuses répétées vont donner des modifications durables dans le temps au niveau medullaire et cérebral (Système neuro central)

  • Il va y avoir une réceptivité accrue au niveau des récepteurs centraux
  • Une excitabilité neuronale accrue
  • Une diminution de la réponse inhibitrice descendante

Cela va donner une amplification de signaux viscéraux normaux : le cerveau imprime l’information au niveau central qu’il y a un problème en périphérie sur un organe, là où il n’y en a pas, et va donner une réponse érronée. 

Cela va se répercuter au niveau global, pelvien, vésical, intestinal et génital avec des symptômes très spécifiques (Lire Endocyclopédie pour plus de détails : l’article est très complet)

 

Cette hypersensibilisation périphérique et centrale va majorer de manière globale tous les symptômes décrits dans les symptômes fonctionnels. Et de manière spécifique localement sur  les sphères urinaire, génitale surtout et intestinale.

3. Les neuropathies

4. Les troubles musculo-squeletiques

5. Les autres douleurs pelviennes chroniques

6. La fatigue chronique

7. Souffrance psychologique

3. La crise d'endométriose :